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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 09:21

Colloque, Université de Bourgogne
Jeudi 12 et vendredi 13 février 2009

L’écriture des juristes, un « modèle » d’action de l’écriture ? (XVIe-XVIIIe siècles)



Ce colloque s’adresse à des historiens du droit, des historiens de l’Ancien Régime et des littéraires. Comme le montrent les ouvrages que nous mettrons en regard en guise de sollicitation pour une recherche commune, il nécessite en effet la rencontre des travaux de différentes disciplines.
Dans un livre récent, Écrire les coutumes. Les droits seigneuriaux en France (PUF, « Le nœud gordien », 2006), Martine Grinberg montre les conséquences de la mise en écrit des coutumes, en France, à partir du milieu du XVe siècle, sur le contenu du droit, la production de la norme juridique, l’autorité des droits seigneuriaux. Elle attire ainsi l’attention, en amont de ce que l’histoire du livre a pu dire de l’histoire du droit, sur le pouvoir propre de la « mise en écrit » et l’action même de l’écriture dans la constitution du droit. Une autre perspective sur les rapports de l’écriture et du droit est celle qui inscrit l’écriture dans la continuité des pratiques sociales d’un seul individu. Les rapports entre Montaigne magistrat et l’auteur des Essais ont été mis en évidence par les travaux d’André Tournon dans un sens qui intéresse notre réflexion. Ils montrent en effet comment la forme même de l’essai est issue des formes de la glose juridique, discours et citations notamment, et donc d’un type spécifique de production – ou de mise à distance– de l’autorité (La Glose et l’essai, 2000). Ils inscrivent ainsi la pratique de l’essai et son mode d’accroissement perpétuel dans une certaine conception du magistrat, qui en fait « un simple adjuvant des régulations spontanées du corps civique, non le représentant d’une autorité supérieure ». Ces deux ouvrages posent ainsi plusieurs questions : quel est le rapport existant entre une formation professionnelle (culturelle, intellectuelle) et l’écriture ? Quel est celui que l’on peut établir entre la mise en écrit d’une règle, d’un jugement, et la production d’une forme ? C’est donc cet objet, l’écriture, que nous voudrions proposer à la réflexion à partir de ce cas particulier qu’est l’écriture des juristes et des magistrats, pour tenter de réfléchir aux rapports possibles entre cette expérience singulière (et l’éventuel sens de l’écriture qu’elle met en évidence) et la question plus large de l’action d’écriture, ou de l’écriture comme action. Dans quelle mesure l’écriture du droit peut-elle constituer un « modèle » (pour l’historien de la littérature) des pouvoirs de la mise en écrit, ou de l’écriture, en particulier dans le cas des lettres ou des belles-lettres ? Qu’en est-il du rapport effectif, factuel, que l’on peut établir entre différentes pratiques sociales de l’écrit chez des juristes ou des magistrats dans la période concernée, autour de ce premier XVIIe siècle où sont mis en place les moyens d’institutionnalisation de l’activité lettrée ?



Jeudi 12 février 2009
Salle du Conseil de Lettres



9h30 : Accueil des participants

10h00 : Ouverture du colloque
Par Pierre Bodineau, directeur du Centre Georges Chevrier

10h30 : Introduction
Par Laurence Giavarini, MCF à l’université de Bourgogne

1. L'écriture de la coutume, un modèle ?

10h45 : Réécrire ou réformer la coutume
Par Jean Bart (professeur émérite, Université de Bourgogne)

11h15 : Sur la coutume
Par Martine Grinberg (Ingénieure de recherche CNRS, EHESS-CRH)

11h45 : La coutume de l'écriture ou les fonctions de la plume chez les juristes médiévaux
Par Boris Bernabé (MCF en histoire du droit, Université de Bourgogne)

12h15 : discussion des communications de la matinée

2. Comment les juristes écrivent le droit : hétérogénéités

14h15 : Manière d'enseigner et œuvres issues de l'enseignement chez les derniers bartolistes français (XVe – 1ère moitié du XVIe siècle) : la fin d'une écriture ?
Par Patrick Arabeyre (école des Chartes)

14h45 : Marques et poids de la « profération » dans l'écriture juridique au XVIe siècle
Par André Tournon, Professeur émérite de littérature XVIe à l’université d’Aix-Marseille

15h15 : Les arrêts notables. De Jean Papon à Montaigne, du cas au récit
Par Stephan Geonget, MCF de littérature XVIe au CESR de Tours

16h : discussion et pause

16h45 : La fonction de l'écriture en nom personnel dans l'œuvre de Charles Loyseau (1563-1627)
Par Robert Descimon, Directeur d’études en histoire moderne à l’EHESS

17h15 : Jeremy Bentham et la langue des juristes
Par Gilles Trimaille, MCF en histoire du droit à l’Université de Bourgogne

17h45 : discussion - table ronde
Coordonnée par Nicolas Lyon-Caen, ATER en histoire moderne à l’Université du Mans



Vendredi 13 février 2009
Amphithéâtre Mathiez




8h30 : Accueil des participants

3. Faire œuvre de juriste

8h45 : Notes manuscrites et œuvre publiée d’Alberico Gentili
Par Alain Wyffels (Centre Chevrier / CNRS-droit)

9h15 : La poésie des juristes
Par Olivier Guerrier, MCF / HDR en littérature française du XVIe s. à l’université de Toulouse-le-Mirail / IUF

9h45 : L’écriture d’un juriste : Scipion Dupleix
Par Christophe Blanquie (EHESS-CRH, histoire moderne)

10h15 : Beccaria et l’écriture du droit moderne à l’âge de la séparation entre science et poésie
Par Philippe Audegean, MCF en italien à l’université de Paris III

11h : table ronde à partir des communications de la matinée.
Coordination : Christian Biet (professeur d'Histoire et Esthétique du Théâtre. Institut Universitaire de France. Université Paris X-Nanterre.)

4. Actions de l’écrit

14h15 : Les factums: une écriture sans modèle? Avocats et actions d'écriture entre droit et discours social au XVIIe siècle
Par Marion Lemaignan (IUE de Florence)

14h45 : L'écriture de la doctrine
Par Dinah Ribard (MCF à l’EHESS-CRH)

15h15 : Les ars notariae
Par Françoise Fortunet, professeur en histoire du droit à l’Université de Bourgogne

15h45 : discussion et pause

16h15 : Les œuvres de juriste de Guillaume du Vair
Par Alexandre Tarrête, MCF en littérature XVIe à l’université de Paris IV-Sorbonne

16h45 : La Bruyère et le droit
Par Fabrice Hoarau, MCF en histoire du droit à l’université de Bourgogne

17h30 : Discussion finale. Bilan du colloque.


Par Mélanie Jaoul - Publié dans : Conférences et Colloques - Communauté : Juridiquement vôtre
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